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vendredi 7 juin 2013

Stress au travail : " J'ai été mis au placard en 10 secondes "

En retraite depuis deux ans, Alain Fleuriat, ex-chef de projet national informatique chez France Télécom est amer. Pour avoir alerté que le projet dont il s'occupait était mal engagé, en 10 secondes, il en est évincé. Personne ne le soutient dans l'entreprise. Et ses collègues se sont peu à peu détournés de lui.

Par Nathalie Samson pour LEntreprise.com, publié le
" Alors que je m'occupais de la généralisation d'un projet informatique conséquent chez France Télécom, en juin 2004, lors de la phase préliminaire, je me suis rendu compte que ça se présentait mal. Lors de la réunion bimensuelle de projet, j'ai dit qu'on ne serait pas prêt dans les temps. J'étais obligé de le signaler. J'ai suggéré un audit informatique et un renforcement de la direction de projet.
Sans aucune explication, en 10 secondes on m'a dit qu'on me retirait le projet. Je n'en revenais pas car mon responsable venait d'arriver. Il est vrai que, pendant ces réunions, on discutait de tout et de rien, des 35 heures, des nominations des nouveaux chefs de projet...
Pendant un an et demi, j'ai fait des tableaux de bord sur Excel pour un autre service, un truc sur lequel je n'étais pas confirmé. Lorsque je présentais mes résultats, ils me disaient que ça n'allait pas. Je n'ai pas changé de bureau mais je n'avais plus aucun contact avec quiconque.
J'ai vu la RH mais c'était un dialogue de sourd. En 2006, j'ai engagé une procédure auprès du tribunal administratif. Celui qui m'avait succédé sur le projet étant en congés de fin de carrière, je l'ai invité à déjeuner pour qu'il témoigne en ma faveur. Je me suis dit qu'il n'y avait pas de risque. Lorsque j'ai abordé la question au milieu du repas, il est s'est soudainement levé et est parti.
J'ai contacté les syndicats maison, le CHSCT et fait des pieds et des mains pour retrouver un poste en interne mais personne n'a bougé. Quand j'ai dit à mes collègues que j'intentais une action, ils se sont détournés de moi. Je déjeunais seul. J'ai continué à assister aux réunions de projet pour ne pas me mettre en porte à faux. C'étai pénible.
Ensuite, on m'a envoyé en mission à droite à gauche, toujours sur des trucs que je ne connaissais pas. Le tribunal administratif a rendu son jugement en 2009. Comme je savais que c'était perdu, pendant l'audience, je me suis levé. Tout le monde se demandait ce qui se passait. J'ai alors dit tout haut : '' Je tiens à manifester mon soutien aux gens qui sont harcelés, à ceux qui se sont suicidés en observant une minute de silence. ''
Quelques mois plus tard, j'ai pris ma retraite.

http://lentreprise.lexpress.fr/ressources-humaines/stress-au-travail-mis-au-placard-en-10-secondes_30066.htmlhttp://lentreprise.lexpress.fr/ressources-humaines/stress-au-travail-mis-au-placard-en-10-secondes_30066.html

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